ChatGPT construit son propre index de recherche

En bref

  • 🔎 OpenAI développe sa propre infrastructure de recherche et d’indexation, capable d’explorer et d’organiser des contenus provenant du web.
  • 🤖 Plusieurs analyses techniques ont identifié un index interne surnommé « Labrador », même si OpenAI ne communique pas officiellement sous cette appellation.
  • 🌐 ChatGPT continue parallèlement à utiliser des fournisseurs et sources de recherche externes selon les requêtes.
  • 🕷️ Le robot OAI-SearchBot joue un rôle essentiel dans la découverte des contenus susceptibles d’apparaître dans ChatGPT Search.
  • 📈 Pour les entreprises, le référencement ne consiste donc plus uniquement à être visible dans Google : il faut également penser à sa visibilité dans les moteurs de réponse IA.

Pendant longtemps, le fonctionnement de la recherche dans ChatGPT semblait relativement simple : lorsqu’une information récente était nécessaire, l’assistant pouvait s’appuyer sur des moteurs de recherche ou des fournisseurs externes pour trouver les pages susceptibles de répondre à la question.

Mais cette architecture évolue rapidement, pouvant impacter le futur de ChatGPT Ads.

Selon une enquête relayée par Abondance, OpenAI construit depuis plusieurs années sa propre infrastructure de recherche, avec notamment un index propriétaire surnommé « Labrador » par les chercheurs qui ont analysé le fonctionnement technique de ChatGPT.

Les offres d’emploi publiées directement par OpenAI confirment parallèlement que l’entreprise développe en interne des technologies d’indexation, de recherche vectorielle, de retrieval et de serving à très grande échelle.

Autrement dit, ChatGPT ne se contente progressivement plus de demander à d’autres moteurs où trouver une information.

Il devient lui-même un acteur du Search. 🔎

🔍 Un véritable index de recherche derrière ChatGPT

Un moteur de recherche repose notamment sur trois grandes étapes :

explorer les pages web, les comprendre et les stocker dans un index, puis sélectionner les contenus les plus pertinents lorsqu’un utilisateur effectue une recherche.

C’est précisément sur cette infrastructure qu’OpenAI investit aujourd’hui.

Une offre d’emploi officielle concernant l’équipe « Foundations Search » indique par exemple qu’OpenAI développe des systèmes capables de transformer et indexer de très grands corpus de données, ainsi que des infrastructures de récupération d’informations permettant aux modèles d’accéder aux bonnes données au bon moment.

Une autre offre évoque explicitement des technologies internes de base de données, d’indexation et de recherche vectorielle, exploitées pour les applications d’OpenAI, dont ChatGPT.

Cela rapproche progressivement l’architecture de ChatGPT de celle d’un véritable moteur de recherche.

🦮 Labrador : le nom donné à l’index propriétaire d’OpenAI

Les recherches techniques rapportées par Abondance ont identifié une famille d’index portant le nom interne Labrador.

Selon ces observations, l’écosystème ne se limiterait pas à un seul index généraliste. Il pourrait intégrer différents ensembles spécialisés pour traiter plusieurs types de contenus : pages web classiques, actualités, PDF, vidéos YouTube, Wikipédia, contenus scientifiques, informations locales, shopping ou encore images.

Cette organisation rappelle fortement la logique des moteurs de recherche traditionnels.

Google dispose lui aussi depuis longtemps de systèmes spécialisés permettant de traiter différemment les résultats locaux, les images, les actualités ou les produits.

⚠️ Il faut néanmoins conserver une nuance importante : OpenAI n’a pas officiellement présenté publiquement un produit ou une infrastructure baptisée Labrador avec cette architecture détaillée.

Ces informations proviennent notamment de reverse engineering, d’observations techniques et de recoupements réalisés par différents spécialistes du Search.

En revanche, l’existence d’une importante infrastructure interne consacrée à l’indexation et au retrieval est, elle, beaucoup plus clairement documentée par OpenAI.

🕷️ OAI-SearchBot : le crawler de recherche d’OpenAI

Pour construire un moteur de recherche, encore faut-il pouvoir découvrir les contenus présents sur Internet.

OpenAI dispose pour cela de son propre crawler : OAI-SearchBot.

L’entreprise précise officiellement que les sites souhaitant pouvoir apparaître dans les résultats de recherche de ChatGPT doivent autoriser ce robot à explorer leurs pages.

Pour un propriétaire de site web, cette évolution est loin d’être anodine.

Le fichier robots.txt, qui permet traditionnellement de gérer l’accès des robots Google ou Bing, peut désormais également avoir un impact sur la capacité d’un contenu à être découvert et cité par ChatGPT.

Bloquer OAI-SearchBot peut donc réduire la possibilité qu’un site soit utilisé dans les réponses issues de ChatGPT Search.

🌐 ChatGPT n’abandonne pas pour autant Google et les sources externes

Construire son propre index ne signifie pas qu’OpenAI soit devenu totalement indépendant des autres acteurs du Search.

Les analyses techniques montrent au contraire une architecture hybride.

Selon Abondance, ChatGPT continuerait à combiner son propre index avec différents fournisseurs externes selon le type de recherche réalisée.

Cela semble logique.

Indexer l’ensemble du Web avec une fraîcheur suffisante représente une infrastructure gigantesque, développée depuis plusieurs décennies par Google et Microsoft.

OpenAI peut donc progressivement renforcer son propre index tout en continuant à utiliser des sources externes lorsque celles-ci apportent une meilleure fraîcheur ou une meilleure couverture.

Le fonctionnement de ChatGPT Search pourrait ainsi être résumé par une logique de multi-sources plutôt que par le remplacement immédiat d’un moteur par un autre.

⚡ Pourquoi OpenAI veut-il son propre index ?

L’intérêt est stratégique.

Dépendre entièrement de fournisseurs externes signifie dépendre également de leurs performances, de leurs coûts, de leurs règles et de leur disponibilité.

Avec son propre index, OpenAI peut davantage contrôler toute la chaîne :

crawl → indexation → sélection des sources → récupération de l’information → génération de la réponse.

Cette maîtrise peut également améliorer la vitesse.

Lorsqu’une page a déjà été explorée et analysée, ChatGPT peut potentiellement exploiter une version stockée ou mise en cache plutôt que de télécharger systématiquement la page en temps réel.

Les chercheurs cités par Abondance ont d’ailleurs observé différents mécanismes suggérant l’utilisation de caches destinés à accélérer l’accès aux contenus.

🧠 Une recherche basée sur les mots… mais aussi sur le sens

Autre évolution particulièrement intéressante : le Search d’OpenAI ne semble pas reposer uniquement sur une correspondance classique entre des mots-clés.

Les recrutements actuels d’OpenAI mentionnent explicitement des systèmes de recherche dense, sparse et hybride, ainsi que l’utilisation d’embeddings et de bases vectorielles.

La différence est importante.

Un moteur traditionnel peut chercher des documents correspondant aux termes employés dans une requête.

Une recherche vectorielle cherche davantage à comprendre le sens et l’intention de la demande afin de trouver des contenus sémantiquement pertinents, même lorsque les mots employés sont différents.

C’est précisément cette combinaison qui pourrait profondément modifier les règles du référencement dans les prochaines années.

📈 Quelles conséquences pour le SEO et le GEO ?

Pour les entreprises, cette évolution confirme surtout une tendance déjà visible : Google n’est progressivement plus le seul endroit où la visibilité organique doit être travaillée.

Un internaute peut aujourd’hui rechercher une entreprise, un produit ou une expertise directement dans ChatGPT sans nécessairement passer par une page de résultats Google.

L’objectif devient donc également d’être :

  • compris par les moteurs IA ;
  • correctement indexé ;
  • identifié comme une source crédible ;
  • suffisamment pertinent pour être sélectionné ;
  • puis éventuellement cité dans une réponse générée par l’IA.

C’est ce que l’on retrouve notamment derrière les notions de GEO – Generative Engine Optimization ou d’AI Search Optimization.

Pour autant, il serait prématuré d’enterrer le SEO traditionnel.

Les moteurs de recherche, les fournisseurs de données, les contenus des sites et les assistants IA restent profondément interconnectés.

Une bonne stratégie SEO reste donc probablement l’une des meilleures bases pour améliorer également sa visibilité dans les moteurs de réponse.

✅ Comment préparer son site à la recherche ChatGPT ?

Plusieurs bonnes pratiques deviennent particulièrement importantes.

Il faut notamment vérifier que OAI-SearchBot n’est pas bloqué, proposer des contenus accessibles techniquement, utiliser une structure éditoriale claire et publier des informations suffisamment complètes pour qu’un moteur puisse comprendre précisément les sujets traités.

OpenAI recommande officiellement d’autoriser OAI-SearchBot afin que les contenus puissent être découverts, affichés et cités dans ChatGPT Search.

Il devient également pertinent de travailler davantage la clarté sémantique des pages : titres explicites, réponses précises aux questions des internautes, données vérifiables, expertise identifiable et informations régulièrement mises à jour.

Dans un moteur de réponse, la bataille ne porte plus uniquement sur la capacité à obtenir la première position.

Elle porte également sur la capacité à devenir une source de confiance suffisamment pertinente pour alimenter directement la réponse de l’IA.

🚀 ChatGPT se transforme progressivement en moteur de recherche

Le développement d’un index propriétaire constitue donc une étape stratégique majeure pour OpenAI.

ChatGPT évolue progressivement d’un assistant capable d’effectuer ponctuellement des recherches vers une plateforme disposant de sa propre infrastructure de découverte, d’indexation et de récupération des informations.

Google reste évidemment incontournable et les sources externes continuent de jouer un rôle important.

Mais la tendance est claire : OpenAI veut davantage maîtriser la technologie qui permet à ChatGPT d’accéder au Web.

Pour les entreprises et les spécialistes du marketing digital, cette évolution mérite d’être suivie attentivement.

Le référencement de demain pourrait en effet ne plus consister uniquement à se demander :

« Comment être premier sur Google ? »

Mais aussi :

« Comment devenir la source que ChatGPT choisira pour répondre à ses utilisateurs ? » 🤖

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